Le prochain recueil de nouvelles auquel j'ai apporté ma contribution et mes mots sort le mois prochain aux éditions Céléphaïs. Voici la couv' :

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J'ai eu l'occasion de lire une autre nouvelle que renfermera cet ouvrage : celle de mon amie Marija qui m'a très gentiment tuyautée sur cet appel à texte. Un grand merci à elle. Quant à son histoire, elle devrait plaire aux ennemis des familles soudées et de l'ami Ricoré, aux militants pour l'euthanasie et aux amateurs de viande avariée.

Et voici un extrait de ma nouvelle à moi si vous n'êtes toujours pas alléchés :

"Julie Jupien, perchée sur ses claquettes roses, suivit Marie qui marchait à grands pas à travers les couloirs aux murs pastel de la maison de retraite.
    — Comme tu dois le savoir, nous avons l’immense privilège d’avoir pour pensionnaire la doyenne de l’humanité. Nous nous devons donc de la chouchouter et être aux petits soins avec elle afin qu’elle ne nous clamse pas entre les pattes. Du moins, pas avant que l’autre doyen de l’humanité, un japonais de deux ans son cadet, ne casse sa pipe. Et il est de notre devoir de satisfaire absolument tous ses caprices. M. Géry est très strict là-dessus. Du fait de son statut de femme la plus vieille du monde, elle a été classée patrimoine vivant de l’UNESCO et le gouvernement lui-même nous verse un bon pécule pour ses soins. Ça nous fait un sacré bonus, vu la crise actuelle et le peu d’argent que peuvent mettre les descendants de nos croulants chéris dans la dernière demeure de leurs parents.
    — Ève Malthus, elle va avoir 130 ans aujourd’hui même, pépia Julie en tricotant de ses petites jambes toutes fines pour ne pas être distancée. Elle est née dans un village du Cantal désormais à l’abandon à cause de l’exode rural. Elle a été mariée trente ans, mais n’a pas eu d’enfant. Son mari s’est pendu en 1942 en lui laissant un généreux héritage qui lui a permis de ne pas travailler. Elle est votre¼ enfin, notre pensionnaire depuis six ans après être passée par divers établissements. Elle a un diabète de type 2 et il faut l’empêcher de manger des chocolats...
    — Un vrai p’tit perroquet, ricana Marie. C’est le père Géry qui t’a fait la leçon ? Hé bien tu ne sais pas encore tout, ma puce. Ah ! On arrive.
    Les deux jeunes femmes s’arrêtèrent devant la porte de la chambre numéro 14. Elle était différente des autres, car blindée et munie de solides verrous. Une étagère haute était placée à côté de la porte et son absence de contenu sembla contrarier Marie :
    — Ah, les cons ! Ils ont pris tous les casques et oreillers. Tant pis ! J’espère que tu es vive comme l’éclair, ça va valser dans tous les sens !
    Julie, de plus en plus perdue par les paroles de sa nouvelle collègue ne fit qu’opiner du chef. Marie posa doucement la main sur la poignée chromée, entra la tête dans les épaules et ouvrit la porte. Elle eut juste le temps de faire un écart sur le côté pour éviter une décapitation par un plateau métallique volant qui vint s’écraser avec une force extraordinaire sur le mur opposé.
    — Go ! go ! go ! cria Marie en agrippant Julie par le col et en la propulsant dans la chambre.
    Prise de court, Julie manqua s’étaler sur le corps inerte d’un infirmier au milieu du chemin. Elle fit quelques pas trébuchants et se rattrapa au montant de fer d’un gigantesque lit médical qui tremblait et vibrait. Elle saisit immédiatement les différentes métaphores guerrières que Delphine et Marie avaient utilisées, mais cela dépassait tout ce qu’elle avait pu concevoir dans ses cauchemars les plus épouvantables.
    Sur la couche immense dont le matelas et les draps blancs étaient maculés d’urine et d’excréments, une masse monstrueuse, informe et flasque, enveloppée dans une chemise de nuit souillée dont les coutures craquaient, se débattait avec énergie. La chose repoussa un infirmier qui tirait sur les couvertures pour les changer, puis elle flanqua une gifle à une aide-soignante armée d’un gant de toilette, le tout en braillant des mots orduriers avec une voix glougloutante, comme si sa gorge était remplie de glaires qui ne demandaient qu’à être expectorées.
    Incrédule et hagarde, Julie reconnut la fameuse Mme Malthus dont la photo faisait chaque année la une depuis qu’elle avait battu le record de Jeanne Calment. Mais c’était une version sans fard et sans apprêt de la grosse centenaire souriante qui faisait l’étonnement du monde entier. "
 

Et sinon, pour info, Jacques Fuentealba l'éditeur est également écrivain et a sorti un roman chez Malpertuis : Le cortège des Fous.

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Acheté, mais pas encore lu, il attend patiemment ma lecture inquisitrice au milieu des autres bouquins achetés à Sèvres et à Marly.

Sexe : Meuh...

Cookies : Ah ! Des envies de pains d'épice et de chocolat me submergent !

Rock'n'roll :