Les notes déjà fort disparates risquent encore de s'espacer. Motif tout à fait valable : je dois terminer au plus vite les deux nouvelles qui m'ont été commandées depuis déjà un sacré bail. Donc c'est la galopade des doigts. Que cela n'attriste pas mes 20 lecteurs réguliers (c'est déjà pas si mal, 20).

En attendant les prochains nouveaux dessins, voici un petit compte-rendu de ce que j'ai vu à ma soirée d'Halloween. Mais avant cela, je me permets de flach-backer. Flash : il y a de cela fort fort longtemps, dans un précédent blog à moi (ça marche toujours, 20six, d'ailleurs ?), je vous avais parlé de l'asso Fantasy Films et des courts-métrages qu'ils diffusaient lors de soirées spéciales. Puis il s'est écoulé 6 ans sans nouvelle, l'asso étant au point mort pour des raisons diverses et perso. Puis retour en force pour une soirée spéciale Halloween qui m'a permis avec grand grand plaisir de retrouver des potes pas vus depuis ce même laps de temps.

Le truc bien avec ce genre de manifestation, c'est qu'on croise des cinéastes qui finissent pas faire gentiment leur nid dans le milieu. C'est ainsi que j'ai pu découvrir Julien Maury avec son Pizza A l'Oeil, sympathique petit court de brique et de broc qui n'augurait en rien les longs-métrages qu'il allait ensuite signer avec Alexandre Bustillo : le jusqu'au boutiste A l'Intérieur et Livide ou encore Pascal Sid et Julien Lacombe et leur excellent Sixième Homme qui ont tourné ensuite Derrière les Murs avec Laetitia Casta.

De ce fait, la question qui s'est posée ce soir-là, était  : qui sera le prochain avec des couilles, du talent et du pot pour évoluer dans l'univers impitoyable du long ? Qui sera le prochain petit prodige du cinéma de genre fraaaaaaaançais ! (et Espagnol et pis Canadien aussi)

Pronosticons et supputons, mes soeurs zet mes frères !

Et pour ouvrir le bal, du rigolo et du bientôt de saison : Bloody Christmas 2, de Michel Leray avec rien moins que Frédérique Bel en mère Noël un peu SM. Vous ne regarderez plus votre beau sapin, roi des forêt du même oeil ravi après avoir découvert quelle rage féroce se cache sous ses branches d'un beau vert... sapin. C'est sûrement entre quatre planches de son bois, qu'il rêve de vous voir enfermé. 

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Assez drôle mais un peu anecdotique, on peut néanmoins saluer le talent du metteur en scène qui a su insuffler une vie maléfique à son sapin. Le voir se déplacer en sautillant façon marionnette du Muppet Show est un pur moment de bonheur zygomaticien. Tenons-nous là le futur Jim Henson ?

Un peu plus de sérieux et de crépusculaire ensuite avec le court canadien We Ate the Children Last de Andrew Cividino (clique sur le titre et tu découvriras le très bon blog sur le tournage du film) déjà passé au festival du court-métrage de Clermont-Ferrand. Malgré une image un peu déformée (la faute à quelques problèmes techniques en cabine de projection, les aléas de l'informatique comme dirait Steve Jobs)

 Particulièrement soigné, s'appuyant sur les faits de société prégnants (hyper médiatisation, modes absurdes, lutte contre le cancer, dérives sectaires...) le film comporte un postulat de départ des plus alléchants : greffer un système digestif de cochon permet de sauver les cas les plus désespérés de cancer. Après une phase d'euphorie qui vire à la hype (une rock star se fait greffer sans même être malade) s'ensuivra un retour à la réalité brutal suite aux effets secondaires peu ragoûtants. Quoique passionnant, le défaut majeur de WATCL est de partir un peu dans tous les sens tant et si bien que la fin tombe à plat alors qu'on s'attendait à une conclusion aux proportions cataclysmique (quoique l'amertume et l'absurdité de l'ensemble est fort bien rendu). Il faut dire que le format court ne s'accorde pas un sujet aussi riche. Malgré ce semi échec, une équipe à suivre. Tenons-nous là le futur Danny Boyle ?
Et on retourne vers la comédie en faisant un détour par l'Espagne avec Le llamaremos Bobby (On l'appellera Bobby) de Paco Cavero Rubio, grand fan et sosie officieux de Alex de la Iglesia (il fait même une apparition à la fin du film dans le rôle d'un garde-chasse). On suit les tribulations d'un père et de son fils roulant en pleine forêt après une partie de pêche. C'est un rituel familial pour fêter l'anniversaire du fiston, mais l'ambiance est mi figue mi raisin car le padre désapprouve le mariage del hijo avec une femme divorcée. Mais quelques tendres plaisanteries viennent alléger l'humeur. Et soudain, surgissant dans la lumière des phares... !
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Sans être un chef d'oeuvre à couper le souffle, le Llamaremos Bobby est un petit film très attachant. Les deux personnages un peu veuls sont attendrissants, leur relation réaliste et pleine de drôlerie. L'image de fin à elle seule emporte l'adhésion par son humour très noir mais hilarant. Tenons-nous là le futur Alex de la Iglesia ?
Autre métrage espagnol, mais qui s'avère assez raté (ce sera même le seul vrai couac artistique de la soirée) : Refugio 115 de Ivan Villamel. Se passant pendant la guerre civile espagnole, l'histoire suit un groupe de réfugiés cachés dans un abri secoué par des bombardements. Mais quelque chose de plus obscur et dangereux que les bombes, tapi dans les ténèbres, les prend en chasse. Et pis... c'est tout ! Certes, le réalisateur a cherché à créer une ambiance (musique Elfamienne en diable avec générique à base de coupures de presse "d'époque" et lumière jaune-pipi à rendre Jean-Pierre Jeunet fou de jalousie), mais le scénario ne comporte finalement pas de réel enjeux ni de révélation ou de chute qui fait la force d'un court-métrage. Mais bien malgré lui, Villamel nous a founi un des courts les plus "what-the-fuck" de la soirée par un sous-titre français torché à la va vite. Le monsieur a écrit lui-même la traduction sans comprendre le français... et ça se voit ! Presque aucun verbe n'est conjugué ("Venir ! Vite"), fautes de grammaire et d'accord à la pelle et phrases gloubi boulga ont empêché l'ennui de s'installer. Une chose est sûre : Google Translate n'est pas votre ami. A la décharge des organisateurs : ils avaient découvert la chose sous-titrée en anglais et ont reçu la version avec texte "français" au dernier moment. C'est pas grave ! Et à part ça, tenons-nous là le futur Juan Pedros Jovenet ?
Retour chez nous, là où les manifestants sont constitués d'intégristes bons teints et où les zombies sont rongés par d'odieux préjugés avec Le blanc c'est le meilleur de Greg Ruggieri, nom plutôt prédestiné à verser dans le gore (comme Ruggiero Deodato, oh yeah !). Ultra court, scénario simple mais propice à des dialogues plutôt drôles, le Blanc c'est le meilleur est à la base l'épisode d'une série de courts pédagogiques sur la tolérance à l'usage des lycéens. Voici un militant qui ne prend pas les ados pour des oies blanches et innocentes et ça fait plaisir !IllustrationLe site de Greg Ruggieri pour en savoir un peu plus sur cette heureuse démarche. Clic ! Tenons-nous là le futur George-Eric Rohmero (laissez, l'orthophraphe est volontaire) ?

Invazion de Sylvain Porcher et Maxime Vayer est un des petits coups de coeur de la soirée. Al et Julien (les incroyables Sylvain Lazard et Jérémie Delaboudinière) sont deux copains geeks qui semblent tout droit sortis d'une BD de Riad Sattouf. Et comme ils matent beaucoup de films de zombies, forcément, leur imagination finit par s'emballer. Ceci dit, qui ne flipperait pas devant la mémé inquiétante du 5ème étage et ses gémissements d'outre-tombe.
Malgré un postulat un poil trop étiré ("il y a un étage de trop dans l'histoire"), qu'est-ce que ce film est sympa ! Mention toute particulière aux personnages incroyablement bien écrits et drôles. Non seulement les comédiens sont d'une justesse bluffante, incarnant plus qu'il ne jouent ces deux zozos décalés, mais en plus, les scénaristes ont croqué des tics et des manies qui les rendent drôles et attendrissants. La conclusion, quoique attendue, s'avère hilarante, surtout lorsqu'elle fait écho à une hypothèse à côté de la plaque d'un des personnages. Un long avec les deux zigotos serait prévu. A guetter et à encourager. Tenons-nous là le futur Edgar W. Sattouf ?
Un peu plus de sérieux avec l'Accordeur de Olivier Treiner. Adrien (Grégoire Leprince-Ringuet), prodige du piano devenu dépressif après avoir échoué à un concours prestigieux, reprend peu à peu goût à la vie grâce à son métier d'accordeur. Mais le petit plus est qu'il pimente ses interventions en se faisant passer pour un aveugle, ce qui lui permet de découvrir l'intimité de ses clients. Il ne se rend pas compte qu'il joue avec le feu.
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En toute franchise, le début m'avait fait peur.  Une voix off un peu monocorde façon Nouvelle Vague qui explique ce qui se passe à l'écran et un acteur un peu inexpressif... Seigneur Dieu, ai-je eu envie de hurler, un putain de film d'étudiant en cinéma ! Monumentale erreur comme dirait Jack Slater dans Last Action Hero. Il n'y apas de ventre mou dans cette histoire intriguante dont la fin est... parfaite ! Quelle chute ! Maîtrisé de bout en bout, aussi bien côté écriture que réalisation, l'Accordeur est le meilleur film proposé durant la soirée. Ce n'est pas pour rien s'il a gagné de nombreux prix dans des festivals, décrochant même la timbale car il été recompensé cette année par le César du meilleur court-métrage. Rien que ça !
Tenons-nous là le futur Jacques Audiard ?
Dernier film de la fournée et doté des effets spéciaux les plus réussis et spectaculaires, Mandragore de Fabrice Blin suit un homme, David ( Bruno Slagmulder) qui se réveille au milieu des bois. Nu, blessé et désorienté, il arrive jusqu'à une maison isolée ou vivent une femme, Marie (Agathe de la Boulaye) et son enfant, Alex. Mettant de côté sa méfiance, Marie soigne le nouveau venu qui se remet rapidement de ses blessures. Les trois personnages s'apprivoisent peu à peu, finissent par partager leur quotidien. Puis survient l'impensable.
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Comme dit plus haut, effets spéciaux bluffants, ainsi qu'une très belle photographie et une mise en scène élégante permettent à ce film de clore la soirée de la meilleure façon possible. Si un des éléments du scénario est un peu trop explicite sur la fin, cette histoire aux allures de conte cruel nous donne très très envie de découvrir les autres oeuvres de Fabrice Blin : la série des Handicapman, Lobotoman (déjà vu lors d'une précédente rencontre du 3eme genre et bien aimé) et Monsieur Méchant, tout un programme rien qu'aux titres). Tenons-nous là le futur... heu... Jan Kounen ? Non... Beuh... On tient un Fabrice Blin et pis c'est marre !
Bref, que de chouettes découvertes (ou presque), reste à croiser les doigts pour que l'équipe de Fantasy Films nous concocte une nouvelle soirée du même tonneau.

Sexe : Ah non ! Mais... mais enfin ! Pas de ça ici !

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