Sex, cookies and rock'n'roll

256 caractères seulement pour me permettre une description ? Ah mais ça va pas ! Mais c'est que vous voulez ma mort !

07 mai 2008

L'épopée pelée chapitre douzième.

Chapitre 12

                     Bienvenue dans la Cambrousse.

Excusez-moi si j'ai tardé à vous pondre ce douzième chapitre, il a fallu que j'enferme Raf, devenu fou par le scénario que je viens de lui décrire, à la cave. La trappe est solidement maintenue avec des chaînes et le père Raf n'a pas d'autres alternatives que de faire bom bom ! avec ses petits poings en poussant des glapissements à rendre jalouse Ellen Sandweiss dans Evil Dead.

Toutes ces digressions m'ont fait perdre le fil de mon récit... Où diantre en étais-je ?

Ah oui ! Or donc, pendant qu'Arno se faisait horriblement torturer et que Saroumane quémandait l'aide du diabolique et asocial Néon, nos sympathiques z'héros, que nous avions quelque peu perdus de vue, découvraient la Terre du Milieu au Centre de ce qui l'Entoure.
_Rhaaa ! Putain ! Mais où on est, là ? s'écriait Stef' en écrasant un moustique qui voltigeait joyeusement autour de son nez. Il fait chaud, y a que du vert à perte de vue ! Je veux revoir Paris ! ! !
_D'après cette carte, répondit Screamy en s'éventant avec sa casquette, nous ne devons pas être loin d'un village.
_Woah ! Miaou, dit Oingo admiratif. Fallait vraiment faire preuve de présence d'esprit pour piquer une carte de la Terre du Milieu de Centre de Toute Chose dans le bureau de l'ignoble Saroumane !
_Surtout qu'en même temps, elle et sa copine me tripotaient impunément, grommela le SiFuruk-Haï en toisant Screamy d'un oeil torve.
_Rhooooooo ! et ça te déplaisait, mon gros nounours ? susurra Maybee en suivant du doigt une goutte de sueur qui descendait en rappel le long du torse musclé du terrible guerrier.
_Je suis pas un gros nounoooooooours ! gémit le SiFuruk-Haï les larmes aux yeux.
_Fermez un peu vos gueules, grogna Stef', la moumoune essaie de se concentrer sur la direction à prendre. Je savais que c'était une mauvaise idée de lui laisser la carte...
_C'est ça ! pesta Maybee en s'agrippant au bras du SiFuruk-Haï comme une guenon s'accroche à sa branche préférée. Je parie que Môôôôôssieur Stef', en tant que mâle et méditerranéen de surcroît saura lire une carte mieux que ma copine Screamy ?
_Bah c'est bien connu que les femmes savent pas lire les cartes, la nargua Stef'.
_Et c'est bien connu que les hommes savent pas comprendre les femmes, riposta Maybee furax.
_Hé ! Y a Screamiou qui a trouvé une route ! ! ! ! hurla Oingo.
_Ouais, une belle route toute bien tracée avec des panneaux indicateurs, ricana Screamy en faisant des doigts d'honneur triomphants à Stef'.
_T'as une veine de cocu et pis c'est tout, ronchonna Stef' en enfonçant ses mains dans les poches de sa salopette.
_Dis donc ! s'énerva Screamy, j'ose espérer que tu ne fais aucune allusion à mon ex.
_On va vers le Comté, alors ? demanda Maybee.
_Si vous débarquez là-bas avec moi, vous allez vous faire accueillir à coups de fourches, fit remarquer le SiFuruk-Haï avec une lueur d'espoir dans le regard.
_C'est ça, mon gros, dit Stef' en toisant la créature qui le dépassait pourtant de deux bonnes têtes. Tu crois vraiment qu'on va te laisser filer ? Tu vas en profiter pour aller retrouver Saroumane.
_J'ai une idée (comme d'hab', quoi !) intervint Screamy. On l'attache et on fait croire qu'il est notre prisonnier !
_Heu... je suis votre prisonnier, rectifia le SiFuruk-Haï.
_Ouais, sauf que t'es attaché avec une Maybee et pas avec une vraie corde, dit Oingo. Euh... Quelqu'un a de la corde ? Screamiou ? Maybee ?
_On n'a qu'à lui péter les bras façon Steven Seagal ? Proposa Stef'. Ainsi, plus besoin de corde.
_HA NON ALORS ! ! ! glapirent Screamy et Maybee.
Stef' se passa la main sur le visage en gémissant :
_Putaaaaaaaaaaain ! A ce train-là, on n'aura pas libéré Raf avant Noël 2012 !
_Mon dieu, ça me fera 36 ans ! calcula Screamy en devenant blême.
_Oh ! mais t'es vieille, en fait ! s'écria Oingo.
Stef' se laissa tomber par terre et s'alluma une petite clope, les yeux encore plus creusés qu'à l'accoutumée.
_T'en fais pas, bitch, rassura-t-il Screamy entre deux bouffées. La fin du monde sera avant noël de cette année-là.
_Ecoutez ! dit soudain Oingo.
_Ne nous dit pas qu'il n'y a plus un bruit autour de nous ? bredouilla Maybee soudain inquiète. Oooh, je ne suis pas rassurée !
_Exact ! remarqua Stef' en se redressant, un sourcil relevé. On dirait que quelque chose est à l'affût...
Soudain, un énorme filet s'abattit sauvagement sur nos héros qui ne trouvèrent rien de mieux que se débattre comme de gros poissons. Une horde petits bonshommes, à peine plus hauts que des garçonnets de 8 ans jaillirent des fourrées. Des poils verts et laineux recouvraient leurs pieds et leur crâne.
_Sus aux envahisseurs, mes braves Grembits ! vociféra l'un d'eux qui semblait être le chef.
_Au secoooooours ! braillèrent les prisonniers du filet.

Pendant que ses amis et libérateurs se retrouvaient dans de mauvais draps qui sentaient fort le sapin, Raf se réveillait péniblement avec de violentes douleurs sur tout le corps.
-Nardin Amouk ! Mais où suis-je donc ?

Maaaaaaaaaaaaaaaaaaais, que va-t-il se passer ? C'est vrai, quoi ! où Raf se trouve-t-il donc ? (Si vous avez lu attentivement le chapitre précédent, vous avez bien une idée, mais j'adore réexploiter un suspens déjà éventé). Ses amis vont-ils se dépêtrer de l'horrible piège ? Le SiFuruk-Haï se baladera-t-il torse poil durant tout le reste de notre feuilleton ? La suite au prochain épisode, si Dieu me prête vie, mouahahahahahaha ! ! !

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21 avril 2008

L'épopée pelée chapitre onzième

Chapitre 11 :

Raf vient foutre son dawa.

Cette petite digression Neon-eXistenZielle achevée, retournons maintenant à nos z'héros charismatiques. Rappelez-vous, ces courageux aventuriers qui sont partis, la peur au ventre mais la détermination dans la mâchoire délivrer le malheureux Raf qui...
_Ah enfin, Crimoune ! Ca parle enfin de moi ! ! !

Raf ? ! Mais qu’est-ce que tu fous là ?

_Je suis venu en qualité de secoueur de puces pour écrivaine poilue de la paume.

Oh ! Mais tu vas pas t'y mettre non plus ! J’ai pas que l'écriture du serial, dans la vie. J'ai beaucoup d'autres priorités qui m'obligent à ralentir la cadence scripturale...

_Des clous, bernique ! Tu as dit il y a bien longtemps que tu raconterais mes aventures et que chaque semaine, un nouvel épisode serait en ligne ! Non seulement tes lecteurs qui se donnent la peine de te lire découvrent une rediffusion d'un feuilleton vieux de cinq ans, mais en plus, mis à part le Grec, Arno, SiFu, toi, Oingo, Maybee et même l’infâme Néon, on me voit même pas !

Bah non, puisque t'es l'objet de la quête, tu ne vas pas donc pas apparaître tout de suite ! Mais tu es omniprésent dans ton absence. Regarde, le Saint-Graal, l'Arche d'Alliance...

_Me compare pas à un objet inanimé.

Regarde Marlon Brando dans Apocalypse Now, il n'apparaît qu'à la fin, mais c'est le personnage qui nous marque le plus.

_Me compare pas à un gros pachyderme mangeur de glace et qui plus est complètement mort !

Euh... je veux pas médire, mais tu fais quand même le double de mon poids.

_C'est mon ossature polonaise, Crimoune.

Et l'excès de chocolats...

_Tu veux que je m'asseye sur toi ?

Ah ! pitié ! non !

_Tu m'aimes plus Crimoune ! Tu te disais mon amie et autres balivernes anésthésiantes, mais je n'apparais jamais ! C'est un scandalllllllllllllllle ! ! ! !

Mais faut pas que je te fasse apparaître trop vite, mon scénar le prévoit pas...

_M'en fous ! ! ! ! Tu tapes maintenant ! « MAIS QU'EST-IL DU MAGNIFIQUE RAF ADVENU ? »

Héhéhé !

_Pourquoi tu t'marres ?

Pour rien, pour rien, je vais taper ce stupide texte, hop ! abracadabra :

Mais qu'est-il, du magnifique Raf advenu ? Il est vrai que nous avions suivis le chemin de croix de Maybee, Oingo, Screamy, Stef' et Arno, mais aucun mot sur notre sublime rédacteur préféré. Quel sort peu enviable, l'infâme Saroumane lui a-t-il réservé ? Est-il toujours vivant, au moins ? Rassure-toi, lecteur, oui, Raf était bien vivant, cependant, il souhaitait ardemment mourir plutôt que de devoir subir ce qu'il subissait. Saroumane l'avait exilé, certes ! mais pas au fond d'une mine, à la merci des coups de fouets impitoyables d'orcs sadiques. C'eut encore été trop clément car Raf aurait eu l'impression d'être projeté dans les mines d'Indiana Jones et le Temple Maudit ce qui aurait quelque peu apaisé ses souffrances. Non, Le terrible magicien blanc vêtu de tweed lui avait réservé un sort des plus abominables ! En effet, connaissant donc les goûts et les dégoûts cinématographiques de Raf, Saroumane l'avait tout bonnement exilé sur une île déserte, avec pour seul compagnon un ballon de volley et un barbu à gros nez qui hurlant "Wilsooooooooon !!!" qui s'est bâti une cabane avec des colis Fedex. Et le malheureux Raf se morfondait au beau milieu de ce décor terne et mal filmé aux grains bien visibles.

_Oh putain ! C'est trop horrible, Crimoune !

De quoi te plains-tu ? On te voit enfin apparaître, Raf.

_Mais tu réalises ? ! Exilé au beau milieu d'un décor pareil, je ne penserais qu'à me flinguer !

Oui, y a pas à tortiller, tu es en grand danger. Faut absolument que l'on vienne te sauver en vitesse. Bon, maintenant, retourne chez toi, avec tes conneries, j'ai encore fait une digression à la con !

Maaaaaaaaaaaaais, que va-t-il se passer ? Aurais-je un jour le loisir de terminer mon serial tranquillou ? Raf va-t-il se suicider s'il reste exilé trop longtemps sur l'île de Seulaumonde ? Va-t-il engager une liaison torride avec Wilson le ballon de volley ? Toutes ces questions et bien plus encore trouveront leur réponse dès que je me serai achetée de nouvelles lentilles de contact (marre de confondre des horodateurs avec des bonshommes à chapeau carré) !

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14 avril 2008

L'épopée chapitre dixième.

Chapitre 10

L'infâme homme-spaghetti.

_Ces jeunes gens que je croyais si insignifiants vont me donner bien du fil à retordre, se dit Saroumane tandis que les orcs emmenait un Arno inanimé dans le Donjon aux Archives où il trierait les documents amoncelés depuis des années pour le restant de ses jours. Ils ont réussi à venir à bout de mon terrible SiFuruk-Haï, si je dois en croire la dévastation totale de mon bureau et l'absence de débris humains. Je pourrais claquemurer le passage qui mène au Mordor, mais le vol de mon précieux Palantir corse le tout. Je vais devoir envoyer mes fouines et mes orcs, mais je crains que cela ne suffise pas. Il va falloir que je fasse appel à...
Saroumane se tut, comme contrarié ou trop horrifié pour prononcer le nom de celui qu'il allait envoyer. Avec un grand soupir, il se dirigea vers les escaliers en colimaçon menant à la Tour Nord, communément appelée aussi la Tour des Corbeaux. Arrivé à mi chemin, les accents morbides d'une sinistre musique lui caressa les oreilles comme les ailes d'une chauve-souris câline.

...You're not the only one I've ever had
And if I say I wanna set you free
Don't you know you'll be in misery
They call me (Dr. Love)
They call me Dr. Love (calling Dr. Love)
I've got the cure you're thinkin' of (calling Dr. Love)

Puis une voix distordue sussura :

And even though I'm full of sin
In the end you'll let me in
You'll let me through, there's nothin' you can do
You need my lovin', don't you know it's true

Les dents de Saroumane grincèrent. Il allait devoir supporter cette musique de dégénéré en plus du caractère imprévisible de l'habitant de cette tour sinistre, gardée par de non moins sinistres corvidés aux ordres d'un être bien plus sinistre encore : l'imprévisible et sinistre Néon ! Bref, Saroumane allait avoir une entrevue houleuse avec cet individu étrange, qui se définissait volontiers comme étant mysophile et philophobe. A vraie dire, seuls les corbeaux, et aussi les vers, trouvaient grâce à ses yeux. D'ailleurs, les fouines murmuraient qu'il entretenait avec les ténébreux volatiles des relations contre-nature. D'où, sans doute, la disparition constante de rouleaux de chatterton, médisaient les sournoises complices de Saroumane.
D’un geste impérial, Saroumane ouvrit violemment la porte de bois des appartements du sinistre Néon... et manqua se manger le battant en pleine poire quand celui-ci se referma violemment.
_Huhuhu, ricana une voix méprisante.
_Ca suffit ce petit jeu, s'impatienta déjà Saroumane en frappant sur la porte. Je veux m'entretenir avec vous !
_Tu pouvais pas frapper avant, vieux schnock ? répondit une voix à la fois flegmatique et sardonique.
La porte s'ouvrit à nouveau en grinçant et Saroumane fit irruption dans la pièce, ses joues creuses empourprées de colère. Ce n'était pas une chambre mais un bordel innommable. Le sol était jonché de plumes de corbeaux, de fientes de corbeaux, de dessins de corbeaux et de chaussettes d'humains. Les murs étaient tapissés d'esquisses brillamment exécutées, mais au caractère indéniablement morbide. Des poutres noires servaient de reposoir pour les nombreux corbeaux qui lorgnaient Saroumane d'un oeil peu amène et l'un d'entre eux avait même fait son nid dans un vieux slip usagé. Mais l'élément le plus insolite et le plus inquiétant trônait au centre de ce capharnaüm : affalé sur une chaise noire à haut dossier, une longue jambe passée par dessus un accoudoir tendu de velours rouge et se terminant par une serre de quelque oiseau fabuleux sculpté dans le bois, Néon examinait le magicien avec un petit sourire en coin qui en disait long sur son mépris. Ses cheveux dressés sur son crâne et ses vêtements étaient aussi noirs que le plumage de ses corbeaux. Sa silhouette évoquait un spaghetti carbonisé.
_Pourquoi viens-tu m'emmerder, vieux con mal fringué ? s'encquit aimablement Néon.
_L'heure est venue de vous montrer utile, jeune insolent, fulmina Saroumane tandis que les sourcils et les poils de sa barbe se hérissaient de façon menaçante. J'ai une mission pour vous.
_J'ai le dernier Marilyn Manson à écouter. Et l'intégrale de Tool aussi.
_Mais c'est de la plus haute importance !
_Tiens, faut que je termine aussi ce dessin, continua Néon en ramassant d'un geste plein d'indolence un dessin au stylo bille au pied de sa chaise. Et j'ai envie de reprendre mon blog (huhuhu !)
_Vous allez lever vos fesses rachitiques de ce fauteuil et partir en Mordor avec vos corbeaux ! hurla pour de bon Saroumane.
Le jeune homme considéra un instant Saroumane avant de lâcher :
_Je te chie dessus.
A ces mots, Saroumane explosa littéralement. Un vent violent suivi d'éclairs aveuglants dévasta toute la pièce. Les feuilles de papiers, les plumes et les corbeaux eux-mêmes tourbillonnèrent follement. Le rugissement du vent et la détonation produite par chaque éclair étouffèrent même la musique.
_Ok, c'est bon, soupira Néon qui comprit qu'on ne pouvait pas envoyer paître un enquiquineur avec de pareils arguments. Je vais y aller, à ton Mordor à la con.
Ces paroles pleines de sagesse eurent l'effet immédiat de calmer Saroumane. Le vent retomba, ainsi que quelques cadavres foudroyés de corbeaux.
Saroumane lissa sa barbe hérissée par la colère et la tempête. Néon ne prit même pas la peine de se recoiffer et de débarrasser ses vêtements des plumes noires qui y étaient collées, il se trouvait très bien comme ça.
_Et qu'est-ce que je suis censé faire au Mordor ? demanda-t-il en dépliant sa grande carcasse une fois qu'il se fut levé de sa chaise.
_Vous devez retrouver ces quatre personnes, dit Saroumane en tendant des photos prises à l'insu de Maybee, Oingo, Screamy et Stef' lors de la visite des trois provinciaux la veille.
Néon étudia rapidement la figure de Maybee qu'il jugea parfaitement insignifiante, regarda celle de Oingo et se dit qu'il avait l'air d'un gars bien sympa quoiqu'un peu trop joyeux, passa vite fait sur Stef' qu'il connaissait déjà et se figea devant le portrait de Screamy. Une onde de dégoût traversa son visage :
_Haaaaaa ! mais je la connais, elle, là ! Mais elle est moche avec cette casquette !
_Si vous la connaissez, tant mieux, vous n'aurez aucun mal à la repérer.
_Ouais, dès que je la chope, je l'étouffe avec un coussin. Je l'aime pas.
_Vous en faîtes ce que bon vous semble, mais surtout, ramenez-moi mon Palantir ! Je vous promets une belle récompense.
_Si je peux la torturer et la massacrer après, je serais déjà bien content, répondit Néon en tapotant la photo de Screamy du bout du doigt.

Maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaais, que va-t-il se passer ? Pourquoi Néon déteste-t-il autant Screamy ? Va-t-il réussir à la massacrer à coups de coussin ? Et qu’est-ce que ce Palantir ? Que deviennent nos amis dans tout ça ? Vous le saurez dans le prochain épisode du serial !

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10 avril 2008

L'épopée pelée chapitre neuvième.

Chapitre 9 :

Où un horrible crime de lèse-Charles Bronson est commis.

Maintenant que la première phase de la mission de nos amis a été accomplie avec succès (du moins, c'est le point de vue de Maybee et de Screamy), il est temps de faire une petite ellipse d'environ une dizaine d'heures. Arno se rendait à la rédac' de son pas habituel, c'est à dire, pas très primesautier, ni très pressé. D'ailleurs, il sentait l'angoisse lui nouer les tripes et le genou qu'il s'était bousillé il y a fort longtemps lui faisait assez mal, ce qui n'augurait rien de bon. Il transportait dans sa poche une disquette soi-disant tapée par un Stef' soi-disant malade et espérait le succès de la supercherie. Arno, les poils de la moustache hérissés, atteignit cependant sans encombre les locaux de la rédac'. Il s'installa à sa place habituelle, non sans avoir salué ses collègues d'un signe de tête. Tout en allumant son mac pourrave, il effectua une série de travellings oculaires et surprit deux fouines qui le dévisageaient ouvertement avec circonspection et une troisième, celle à la camisole qui lui souriait de toutes ses dents en faisant miroiter son rasoir à la lumière de la fenêtre bardée de barreaux solides.
Des barreaux solides ? ? ? ? C'était nouveau, ça ! Il n'y avait pas de barreaux, hier !
Une main s'abattit soudain sur son épaule. A sa grande consternation, Arno ne put s'empêcher de pousser un cri.
_Vous me paraissez bien tendu, Arno, dit Saroumane, en raffermissant sa poigne avec un grand sourire carnassier.
D'un seul geste du magicien, toutes les fouines se jetèrent sur le malheureux journaliste et l'emmenèrent de force dans le bureau de Saroumane.

Deux minutes plus tard, Arno, suant et la gorge nouée regardait avec consternation le bureau complètement dévasté de Saroumane. Lorsqu'on l'avait fait entrer dans la pièce, il avait immédiatement saisi l'ampleur du désastre : l'expédition de Stef' et compagnie n'était pas passée inaperçue. C'était pourtant en désespoir de cause qu'il avait décidé de couvrir son meilleur ami jusqu'au bout, voire même jusqu'à la mort s'il le fallait.
_Reprenons depuis le début, déclara le magicien blanc en costume de tweed, ses longues mains croisées sur sa poitrine. Vous affirmez que votre collègue et ami Stef' est malade?
_C'est vrai, se défendit Arno qui n'en menait pas large sous ce regard inquisiteur et froid. Je suis passé chez lui, il avait une sale mine... enfin... pire que d'habitude, quoi ! Mais il m'a quand même remis cette disquette, pour pas qu'on perde trop de temps à l'élaboration du nouveau numéro...
_N'était-il pas plus simple pour lui d'envoyer un courriel ? fit mine de s'étonner Saroumane. C'est ce qu'il fait souvent lorsque l'envie lui prend de faire... l'école buissonnière.
_Euh... c'est que... balbutia Arno le front luisant de sueur. C'est que son modem est naze, voilà !
_Toi, tu mens très mal, mon coco ! intervint soudain l'une des fouines, le chef du groupe, en lui administrant une tape sur le crâne.
Comme répondant à un signal tacite, les autres fouines sautèrent sur Arno et l'attachèrent solidement au fauteuil à haut dossier sur lequel on l'avait assis de force. Les épaisses cordes de chanvre passées autour de ses chevilles et de ses poignets lui déchiraient cruellement la peau. Une de ces affreuses bestioles apporta une casserolette pleine de cire bouillante et on étala de cette matière molle mais brûlante sur la grosse moustache d'Arno qui hurla de douleur lorsque la cire se fraya un chemin entre ses poils drus et lui brûla l'épiderme. 
_Nous connaissons les moyens de mater ces esprits rebelles, murmura Saroumane en lissant sa longue barbe soigneusement brossée. Quiconque se moque de Saroumane le paie très cher !

_Tu vas parler, ordurrrre ? ordonna la fouine à l'accent italien en donnant une grande mandale à Arno. Où ils sont, tes petits copains ?
Cela faisait maintenant une bonne demi-heure que les fouines harcelaient Arno de questions, n'hésitant pas à le rudoyer de la plus vile des manières. Les baffes s'étaient abattues impitoyablement, on avait tiré sans ménagement sur la bande de cire étalée sur sa moustache, arrachant d'un seul coup les poils soyeux qui avaient fait sa fierté virile. Pour couronner le tout, la fouine à casquette à hélices, la plus débile de toutes, s'était même amusée à lui enfoncer des frites pleines de ketchup dans les narines, à la grande joie de ses copines. Mais Arno se montra stoïque et ne balança aucune information compromettante.
Finalement, agacé par ce mutisme obstiné, Saroumane fit un signe discret au chef des fouines qui sortit prestement avec un ricanement sourd.
_Ce n'est pas du courage mais de la bêtise, monsieur Arno, tonna le magicien en tweed. Votre ami Stef' s'est infiltré dans mon bureau cette nuit et m'a dérobé un objet auquel je tiens beaucoup. Il y va de votre vie, oui, de votre VIE, s'il ne m'est pas restitué.
_Je ne dirai rien ! Je pense que tu gagnerais plus de temps en allant te frotter les roupettes avec du papier de verre.
Une lueur menaçante fulgura de sous les sourcils broussailleux du magicien, mais un sourire cruel éclaira son vieux visage.
_Il me faut donc arriver à cette extrémité?
La fouine au borsalino revint, une affiche à la main.
_Je pense que ceci vous appartient, dit Saroumane.
Arno avala péniblement sa salive : c'était son affiche fétiche de Charles Bronson, dédicacée par l'acteur, véritable dieu vivant, hélas maintenant bien mort, pour le journaliste.
Saroumane fit signe à la fouine au borsalino qui sortit un zippo de sa poche et l'alluma, un sourire sadique aux lèvres.
_NoooooOOOOOOooooooooOOOOOOOOoooooooooooOOOOOOn ! ! ! ! ! Hurla Arno tandis que les flammes léchaient un coin de l'affiche qui noircit et commença à se gondoler.
_Parlez vite, Arno, murmura Saroumane. Ou le feu va accomplir son oeuvre destructrice. Où est votre ami ?
_Il... il est parti en Mordor libérer Raf, répondit précipitamment Arno, les joues inondées de larmes.
Saroumane leva un sourcil :
_Ce fou est parti seul ?
-Non, avec les trois personnes que vous avez vues hier, cria Arno fou de rage. Eteignez ce feu, espèce de gros salopard en tweed !!!
L'affiche était peu à peu grignotée par les flammes. Lorsque la signature du grand Charles fut en partie dévorée, cela fut trop horrible pour Arno qui tomba dans les pommes.
_Héhéhé ! ricana la fouine à l'accent italien. Il est morrrrrr, le bad ass !

Maaaaaaaaaaaais, que va-t-il se passer ? Arno va-t-il se remettre de cette éprouvante séance de torture ? Saroumane va-t-il rattraper nos amis ? Et pourquoi tant de violence ? Toutes ces questions et bien d'autres trouveront leur réponse dans la suite de notre serial !

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28 mars 2008

Lépopée pelée chapitre huitième.

Chapitre 8 :

Où les hormones sauvent la situation.

Une patte griffue labourait le bois.
_Je crois que nous sommes baisés, commenta tranquillement Stef' en s'allumant sa dernière clope, celle du condamné à mort.
_Jamais ! Un Oingo ne se rend jaaaaamaaaAAAaaaaaaaaais ! brailla Oingo qui manqua de peu de se faire écraser par la porte qui s'abattit violemment sous la dernière poussée surpuissante du SiFuruk-Hai.
_Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! ! ! Hurlèrent Maybee et Screamy. Nous sommes perduuuuues !
Stef' coula un regard désabusé sur les deux filles qui se blottissaient l'une contre l'autre en se tordant les mains de terreur et sur Oingo qui courait dans tous les sens à la recherche d'une sortie qu'il ne trouva jamais. Puis il lorgna du côté du SiFuruk-Hai dont la silhouette massive et haute se profilait dans l'encadrement de la porte défoncée. Les yeux féroces de la bête riboulaient dans leurs orbites sous des sourcils touffus. Ses longs bras gonflés de muscles se crispaient et se décrispaient sur le chambranle de la porte défoncée. Il fit un pas dans la pièce en grognant.Tout le monde fit un pas en arrière.
C'est alors que le pied de Maybee se posa sur l'interrupteur d'une magnifique lampe halogène sculptée représentant une femme africaine aux seins pointus. Une lueur, d'abord douce puis plus brillante à chaque seconde éclaira la scène et le visage du SiFuruk-Hai ainsi que son (gloups !) torse musclé aux tétons durcis et ses jambes solides et athlétiques. Et il ne portait pour tout slip qu'un pagne de couleur caca d'oie tout déchiquet avec un renflement impressionant pile au bon endroit.
_ Oh my god ! ! ! hurlèrent Maybee et Screamy tandis que leurs yeux brillants de convoitise jaillirent de leurs orbites et qu'une bave affamée dégoulina de leur bouche amollie par le désir.
_WOUAH ! Le meeeeeeeeeeec ! ! !
_Heu... on se calme, les moumounes, intervint Stef' consterné. Le mec, là, c'est un croisement entre un gobelin, un orc et un humain. Et il est très méchant.
_Gwroaaaarrrrh ! essaya de confirmer le SiFuruk-Hai d'un grognement incertain.
Seul Oingo saisit l'immense opportunité que constituait cette poussée d'hormone chez les deux hystéros :
_Hé ! Vous voulez pas voir ce qu'il cache sous son pagne ? demanda-t-il gaiement.
_SIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! ! ! glapirent les deux furies en se jetant sur le monstre qui n'en mena pas large.
_Hé ! Mais... ! Arrêteeeeeeeeeeeeeeeeeeeez !
Des petites mains avides s'emparèrent de lui et bientôt, des vêtements volèrent dans tous les sens ainsi qu'un vieux pagne caca d'oie et l'air fut rempli de gloussements extatiques, de supplications misérables et d'une forte odeur d'hormones femelles.
_Putain ! c'est horrible, je veux pas regarder ça, gémit Stef' en détournant la tête, le coeur au bord des lèvres.
_Ne perdons pas de temps, dit Oingo en reprenant un visage sérieux. Pendant que les filles font diversion, il nous faut trouver ce passage vers le Mordor.
Stef' s'éloigna de cette scène de débauche révoltante pour se diriger vers une lourde armoire noire. L'imposant et sombre meuble était malheureusement verrouillé.
_Merde, il doit cacher la clé dans son bureau, pesta Stef'.
Cette petite contrariété l'irritait d'autant plus que Screamy et Maybee étaient très occupées à violer le SiFuruk-Hai sur le dit-bureau qui tremblotait sous les assauts répétés de leurs hanches grasouillettes.
_Hé ! Les moumounes, vous pouvez pas dégager de là, vous et le gros truc tout noir ?
_blmblbmblbmblb... répondirent les parasites bureaucratiques qui avaient la langue en toupie autour de tout ce qui était turgescent.
Stef' poussa un profond soupir résigné, fusilla rapidement du regard Oingo qui pouffait bruyamment et glissa une main sous le tas compact, gloussant et tortillant. A certains endroits, c'était moelleux et chaud comme un shamallow au soleil.
_Aide-moaaaaaa ! implorait le SiFuruk-Hai en le regardant avec des yeux de Caliméro.
Stef' se contenta de lui poser un slip noir sur les yeux (il devait être à Screamy) et farfouilla dans les tiroirs et sur le meuble. Oingo calma son fou-rire pour l'aider un peu, non sans jeter des petits coups d'oeil envieux sur ce qui se passait.
_Ça alors ! s'exclama-t-il en ouvrant un tiroir dissimulé sous les fesses de Maybee.
_T'as trouvé la clé ?
_Non, mais regarde comme c'est joli ! s'écria Oingo en sortant une boule de cristal scintillante grosse comme le poing du SiFuruk-Hai.
_Ouais, bah fais pas trop mumuse avec ce truc, c'est pas un jouet, le sermonna Stef' avec humeur.
_Allez, hop ! Ca fera un très joli cadeau pour ma môman, murmura Oingo en glissant son trophée dans son sac à dos.
Stef' haussa les épaules et découvrit enfin les clés de l'armoire dissimulées sous le bureau. Le pied de Screamy qu'il se prit dans le nez en se relevant acheva de le rendre très maussade.
_RHAAAAAA ! Maintenant ça suffit ! brailla-t-il en renversant le trio dénudé qui se trémoussait sur le bureau.
_Mais-heu ! protestèrent les filles.
_Bon, c'est fini, la partouze, bordel de merde ! fulmina Stef' le visage cramoisi. Nous sommes ici pour délivrer Raf, pas pour assister à vos cochonneries dégueulasses.
_Sauvé, soupira le SiFuruk-Hai en enveloppant ses parties viriles dan son pagne.
_T'es vraiment pas drôle, maugréa Screamy. Et je te ferai remarquer que techniquement, à trois, on peut pas parler de partouze.
_Nan, je suis pas drôle. Et maintenant, tous en route, le passage est dans le placard !
_Hé ! on fait quoi de lui ? intervint Oingo en désignant le SiFuruk-Hai piteux.
_On le tue, répondit laconiquement Stef'.
_NON ! s'écrièrent en choeur Screamy et Maybee en se serrant contre le terrible homme de main de Saroumane.
_On l'emmène avec nous, proposa Maybee.
_Ouais, et s'il n'est pas gentil, on le viole encore une fois, renchérit Screamy en regardant le malheureux d'un oeil gourmand.
_Nardin de nardin, gémit Stef' en levant les yeux au ciel. Bon ! d'accord ! Et maintenant, on rentre tous dans ce putain de bordel de passage spacio-temporel de mes couilles !
_Tu pourrais le dire plus poliment, le morigéna Screamy.

Maaaaaaaaaaaaaaaaaaais que va-t-il se passer ? Mes lecteurs me pardonneront-ils cet épisode de pure débauche sexuelle ? Ou ces canailloux vont-ils me demander de continuer sur cette voie, transformant l'épopée pelée en serial dégoulinant de stupre pour obsédés pubères ? Maybee et Screamy sauront-elles réfréner leurs ardeurs libidineuses ? Vous le saurez au chapitre 9 de notre sombre histoire.

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16 mars 2008

L'épopée pelée chapitre septième.

Chapitre 7 :

Aïe, aïe, aïe ! V’là le SiFuruk-Haï !!

Screamy fut violemment tirée en arrière et plaquée contre les marches. Une main lui écrasa la bouche. Le grognement sourd qui leur avait à tous glacé les sangs se répéta, mais il était redoutablement proche. Plus personne ne respira. Screamy ne huma pas ainsi l'odeur de tabac froid et de mayonnaise qui embaumait la main plaquée sur sa bouche.
Des pieds nus traînèrent alors sur le sol froid et une silhouette plus ténébreuse encore que l'obscurité environnante se profila juste au-dessus d'eux. Un ronronnement rauque et sépulcral roula au fond d'une gorge invisible. Comme avec le troll, Screamy fouilla dans son sac à la recherche de son couteau tibétain. Oingo et Maybee, tremblants, priaient mentalement pour que l'obscurité les tînt dissimulés aux yeux de la créature. Une envie d'éternuer chatouillait le nez de Stef' qui n'en menait pas large. A une autre occasion, il aurait pris un malin plaisir à molarder un éternuement crémeux sur la casquette ridicule de mademoiselle « j'ai-des-burnes » Screamounette, mais là, ce petit jeu rigolo risquait de signer leur arrêt de mort. Aucun des quatre intrus peureusement aplatis sur ces marches glacées ne surent combien de temps ils restèrent là, figés, à attendre une éventuelle offensive du SiFuruk-Haï ou un départ libérateur. Mais ce fut finalement la deuxième option que choisit le monstre de façon miséricordieuse. Il émit un dernier rugissement étouffé, deux lueurs ardentes dansèrent un bref instant dans l'obscurité, deux prunelles bestiales et cruelles, puis la silhouette obscure s'éloigna, les pieds nus envoyant des échos mats à travers le grand donjon qui faisait office d’enceinte rédactionnelle.
_Gnaaaaaaaa, soupira Oingo qui manqua de peu de se pisser dessus de soulagement. Sauvés !
_Pas pour longtemps si nous restons plantés sur ces marches, siffla Stef' en enlevant sa main de la bouche de Screamy et en l'essuyant négligemment sur la jambe de sa salopette. Le bureau de Saroumane est au fond du couloir. Ne traînons plus !
_Ouf, soupira Screamy, j'ai cru mourir asphyxiée sous cette odeur suffocante de tabac froid et de mayonnaise.
_Je te collerai un pain une autre fois, bitch, promit Stef' à voix basse. Courons vers ce foutu bureau !
Les quatre intrus se dépêchèrent de longer le couloir, essayant d'alléger leurs pas. Le SiFuruk-Haï devait être encore tout près. Maybee eut même l'impression de sentir un souffle chaud sur sa nuque et son cerveau affolé préféra attribuer cette sensation inquiétante à son imagination débridée.
Oingo entra en collision avec Stef' lorsque celui-ci s'arrêta devant une lourde porte stylisée.
_Aïeuh !
_Chhhhhhhhhhhhut !
_Pardon…
_Nous voici devant le bureau de Saroumane, déclara Stef' d'une voix assourdie.
_Sans blague ? répliqua Screamy sur le même ton. Je croyais qu’on était venu ici pour supplier George Lucas de renoncer à sa nouvelle trilogie.
_Screamy… Ta gueule ! juste... juste ta gueule !
_Ah non, vous n'allez pas recommencer ! s'impatienta Maybee en jetant des regards terrifiés derrière elle. Vous oubliez que nous avons un monstre assoiffé de sang dans les parages. Je ne suis pas du tout rassurée !
_Bah s'il se ramène, on lui jette la bitch à grande gueule entre les pattes, rétorqua Stef' qui recouvrit cependant son calme.
A ces mots, Screamy referma brutalement la bouche tout en déglutissant, ce qui produisit simultanément un clac/gloups du plus bel effet. Stef' ouvrit la porte du bureau de Saroumane le plus silencieusement possible.
Le grincement sinistre des gonds fut aussi bruyant et malvenu que le ricanement hystérique d'une vieille dans une église en prière.
Un rugissement sauvage acheva de déchirer le silence.
_Oh putain, gémirent les quatre maraudeurs.
Des pas précipités et lourds se rapprochèrent.
_Vite, vite ! hurla Stef', tous dans le bureau !
Screamy fut la première à s'y précipiter, des fois que Stef' eût l'idée à la con de la jeter dans les griffes du monstre, suivie de près par Maybee, les cheveux dressés sur la tête. Oingo et Stef' se bousculèrent à la porte et s'empressèrent de la refermer violemment derrière eux.
_Bordel, bordel, bordel, gémit Oingo, il nous faut un truc pour la bloquer !
Maybee arriva avec une chaise à haut dossier et la cala sous la poignée de laiton en forme de patte de griffon. Aussitôt après, un hurlement suivi d’un choc brutal fit hurler les filles de terreur et glapir les garçons. La porte vibra sur ses gonds tandis que le SiFuruk-Haï s’acharnait contre le battant. Stef' et Oingo, plaqués de toutes leurs forces contre le bois tressautaient à chaque assaut. Une esquille de bois vola soudain à travers la pièce. Prise dans une frénésie de déménageur, Screamy entreprit de pousser le bureau en chaîne vers l'entrée. Un autre éclat de bois vola et un oeil noir et rond apparut par l'interstice sauvagement pratiqué. Le SiFuruk-Haï les étudiait haineusement et ses intentions homicides n'étaient que trop claires.

Maaaaaaaaaaaaaaaaaaaais, que va-t-il se passer ??? Le SiFuruk-Haï va-t-il les massacrer ? Est-ce la fin des carottes cuites pour nos valeureux z’héros ? Vous le saurez dans le prochain épisode de notre serial !

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15 mars 2008

L'épopée pelée chapitre sixième.


Chapitre 6 :

Les emmerdes… euh, les aventures commencent.

Une fois de plus, ils se tenaient devant la porte bardée de pointes de fer de la rédaction. Mais, ce coup-ci, il faisait nuit, personne ne hâtait le pas ou flânait dans les rues sombres. Heureusement, la présence rassurante de Stef' les galvanisait tous.
_On se calme les moumounes et le moumon, protesta Stef' à voix basse. Je suis pas un héros, ne croyez pas ce que disent les journaux...
_TSAAAA !!! explosa Oingo avant de se plaquer les deux mains devant la bouche.
_Chhhhhhhuuuuuttttt ! ! ! ! sifflèrent les trois autres.
_J'y peux rien, il fait du Balavoine, l'autre hé ! se défendit Oingo à voix basse en essuyant encore quelques larmes de rire péniblement contenues.
_Bon, fermez vos gueules, maintenant, j'ouvre la porte, leur ordonna Stef' en plaquant la paume de sa main contre une plaque métallique fixée sous l'Interphone. La plaque rougeoya un instant et un bourdonnement identique à celui entendu dans l'après-midi résonna à travers la rue vide.
Stef' poussa la porte et les trois autres s'engouffrèrent à sa suite dans le long et lugubre couloir pluviottant. Maybee, cette fois-ci, se garda bien d'émettre le moindre son quand une goutte glacée lui éclaboussa le cou. Une autre préféra éviter la fidèle casquette de Screamy pour aller s'aplatir sur une chaussure de Oingo. Ils débouchèrent sur la petite cour aux pavés inégaux.
_Bordel de… commença à jurer Screamy en trébuchant sur l'un d'eux.
_Chhhhhhhhhhhhhhut ! lui intimèrent les trois autres.
_Le Troll monte la garde derrière la porte, vous croyez ? chuchota Maybee avec inquiétude.
Stef' leva la tête et étudia les murs qui les cernaient. Pas une seule fenêtre n'était éclairée. Le carré de ciel qui se découpait fort loin là-haut charriait de lourds nuages et une lune moribonde scintillait misérablement, suffisant à peine à éclairer la cour.
_J'ignore qui est susceptible de nous tomber dessus ce soir, articula finalement Stef', mais va falloir travailler sans filet et dans l'obscurité, les filles.
Il sortit des clés de la poche de sa salopette et entreprit de déverrouiller la porte avec le moins de bruit possible. A chaque petit cliquetis, aussi bruyant à leurs oreilles qu'une détonation, tous arboraient un air constipé. Oingo sortit son stylo fétiche de sa poche et le mâchouilla, les yeux de plus en plus exorbités.
Un CLAC sonore fit raidir leurs orteils.
La porte s'ouvrit en grinçant sournoisement.
Tous retinrent leur souffle.
Les ténèbres et rien de plus.
_Go ! go ! go ! scanda Stef' à voix basse, se prenant pour un marine américain en mission.
Maybee entra prudemment, suivie de Oingo, puis de Screamy. Stef' referma doucement derrière lui, puis essuya la sueur qui commençait à perler à son front.
_Si j'avais su que tu transpirais si facilement, j’aurais amené un déo, ironisa Screamy en se pinçant le nez.
_PAF ! fit la main de Stef' en rentrant en contact avec le crâne casquetté de Screamy.
_Aïe ! protesta Screamy.
-Chhhhhhhut ! firent Oingo et Maybee.
_Scritch, fit un briquet dans la main de Screamy, dispensant une pâle lueur.
La flamme jaune et tremblotante éclaira le petit visage mais les yeux bleus restaient plongés dans l'ombre de la visière de la casquette que la main de Stef' avait déplacée sur la gauche.
_Tu sais où sont les bureaux de Saroumane après ? à part dans mon cul, bien sûr? s'enquérit la jeune femme.
_Ils sont beaucoup plus hauts que ton cul, Moumoune, rétorqua Stef'. Il faut accéder au tout dernier étage du bâtiment.
_Y a un ascenseur, au moins ? demanda Oingo, le stylo coincé entre les dents.
_Bah tiens ! rêve ! dit amèrement Stef'. Faut qu'on se coltine tous les escaliers.
_Hihihi, ricana nerveusement Maybee. Ca va être comme dans le premier Ghostbusters.
_Pitié, gémit Screamy qui fut la première à attaquer l'escalier, le briquet levé au-dessus de sa tête en un flambeau dérisoire.
L'ascension dans une quasi-obscurité fut bien entendu longue et laborieuse. Tous avaient l'impression d'être dans les mines de la Moria et les oreilles étaient aux aguets. Le moindre soupir laissait place à un silence pesant tandis que l'on écoutait les éventuels échos qu'aurait fait naître le soupir incongru.
Screamy atteignit enfin un pallier et se plia en deux, le souffle court lorsqu'un grognement rauque déchira les ténèbres silencieuses.
_Oh meeeeeeeerde ! gémit Stef'. Le SiFuruk-Hai ! ! !

Maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaais que va-t-il se passer ? Nos z’héros vont-ils être confrontés au SiFuruk-Haï ? Ce dernier va-t-il leur démonter le cul avec un seul bras ? Et pourquoi faut-il toujours qu’il y ait des escaliers dans les aventures ? Toutes ces questions ou presque auront leur réponse dans le prochain chapitre de notre serial !

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13 mars 2008

L'épopée pelée chapitre cinquième


Chapitre 5

Faut réagir, purée de nous autres !

_NooOOOooooOOOooon, c'est pas possiiiible !!! sanglotait Maybee en remplissant de mucus chagriné son 18ème kleenex. Raf ne peut avoir été viré ! Je voulais tellement le rencontreeeeeer ! ! !
_C'est pourtant la triste vérité, soupira Arno la moustache humide.
Tous s'étaient réunis dans la cuisine spacieuse de Stef', à mâchouiller des hamburgers gras et chauds avec morosité. Les trois provinciaux avaient écouté le récit d'Arno, ponctué par les grognements de Stef' qui avait posé ses fesses sur son banc de muscu légèrement poussiéreux. Maybee avait éclaté en sanglots longs, Oingo était resté médusé, l'oeil rond et la bouché bée, quant à Screamy, elle s'était levée d'un bond et arpentait la cuisine en long et en large. A la fin, agacé par ce continuel va et vient, Arno l'avait chopée par le col et l'avait assise de force sur un tabouret.
-Il faut aussi que je vous narre par le menu le renvoi de Raf, continua Arno en s'allumant une quarante-et-unième clope. Car, ça a fait du chambardement dans la boutique. Raf s'était interposé quant aux nouvelles prérogatives de Saroumane qui voulait que l'on fasse un Hors série sur Luc Besson. Le vieux salopard n'a fait ni une ni deux et  d'un coup de baguette magique, il a envoyé Raf se manger les murs de la rédac'. Mais vous connaissez notre Raf, il ne s'est pas laissé faire, il a réussi à se saisir du bâton hérité de son parrain Gandalf et ils se sont bastonnés tous les deux à grands coups de sortilèges, de poings et d'insultes. Mais Saroumane a vite pris le dessus, notamment grâce à une traîtrise de ces putes de Fouines qui ont profité d'un moment d'inattention de Raf pour attacher ensemble les lacets de ses tennis, ce qui l'a fait se viander sur la moquette quand il a voulu envoyer un mawashigeri dans la gueule du vieux con. Et voilà, exit Raf !
_Que lui est-il arrivé, après ? demanda Oingo inquiet.
Stef' et Arno s'entre-regardèrent. Ce dernier avala péniblement sa salive. Stef" chuchota enfin :
_Il a été envoyé au bagne du Mordor.
Il y eut un gros « blonk » quand Maybee tomba dans les pommes. Screamy se leva d'un bond en poussant un hurlement sauvage et interrogateur : « QUOI ? ? ! ! » et renversa du même coup Stef' de son banc de muscu.
_Putain, mais fais gaffe avec ton gros cul ! protesta Stef' le sien de cul écrasé sur le carrelage.
_Jaloux, tu peux parler avec ton joufflu de mère Denis ! Riposta Screamy.
_Au lieu de vous déclarer une flamme mutuelle et éternelle, intervint Oingo, vous pourriez pas nous aider à relever Maybee ?
Celle-ci rouvrit peu à peu les yeux une fois que ses amis l'eurent allongée sur le lit défait et aux doux relents de sueur rance de Stef'.
_Bouhouhou, se mit-elle à gémir, c'est trop horrible. Pauvre, pauvre Raf !
_C'est vrai qu'on ne peut le laisser dans un caca pareil, marmonna tristement Oingo.
_Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? soupira Arno . Si Stef' et moi allions en Mordor libérer Raf, Saroumane se rendrait compte de notre absence et lancerait les fouines, les orcs et l'horrible SiFuruk-Haï à nos trousses.
_Nous pourrions y aller, nous, proposa Screamy.
_Nous sommes partants ! s'écrièrent Oingo et Maybee.
_J'en ai presque la larme à l'oeil, renifla Stef' qui se contint car il était un homme, un vrai, avec de la testostérone bien couillue !
_Ouais, c'est bien beau, concéda Arno en essuyant une larme furtive face à tant d'abnégation. Mais il faut qu'un mec du journal vous accompagne.
_Pour quoi foutre ? demanda Screamy. On peut très bien se débrouiller sans vous.
_Et non, justement, trou du cul sans fesse, riposta Stef' avec une lueur triomphale dans les yeux. Car seul un mec du magazine peut rentrer dans la rédac' et ouvrir le passage secret menant au Mordor. Tout intrus non accompagné d'un rédacteur est irrémédiablement massacré par le... SiFuruk-Haï !
A ce nom, Arno devint blême et une goutte de sueur perla sur sa tempe.
-_l est si terrible, le SiFuruk-Haï ? demanda Oingo.
_Bah tu rigoles ? Même moi, je me chie dessus quand je le vois, ricana Stef' avec une grimace un peu jaune. Il est immense, de gros muscles roulent sous sa peau noire et couturée de cicatrices et il pousse des hurlements horribles du style « Tuerie ! craquer slibbard ! ». L'autre jour, il a voulu prendre une barre de Bounty à la machine à confiseries et il a explosé le cul de Julien le stagiaire qui avait pris la dernière barre. Et tout ça en le tenant d'une seule main.
_Hummmm, j'espère qu'on le croisera pas ce soir, commenta Screamy.
_Comment ça ? ce soir ? s'inquiéta Arno.
_Bah oui, vaut mieux agir tout de suite, mes vacances prennent fin après-demain et je serai obligée de rentrer à Nantes, se justifia Screamy.
_Elle a raison, la bitch, pour une fois, dit Stef' avec détermination. Agissons tout de suite, avant qu'un autre ne soit envoyé au bagne, ou pire, serve de défouloir sexuel au SiFuruk-Haï !
_Pour éviter de te faire violer par le SiFurutruc, t'es prêt à braver tous les dangers avec moi ? susurra Screamy en faisant des oeillades inquiétantes à Stef'.
_Ouais, mais toi, c'est pas pareil, rétorqua Stef', je te fous une grande claque dans ta gueule et je suis tranquille.
_Je vais te répondre intelligemment, siffla Screamy en se jetant sur lui toutes griffes dehors.
_Vous croyez que c'est judicieux de les amener tous les deux ? demanda Maybee.
_Mais oui, ils s'amusent un peu, c'est tout, la rassura Arno. Mais je préfère sincèrement que ce soit Stef' qui aille avec vous. En tant que secrétaire de rédac', je dois être assidu. Mais je vais m'arranger pour que tout le monde croie que Stef' est malade, et je signerai les articles en son nom.
-NAN ! Tu leur dis juste que je l'ai tabassé à mort ! glapit Screamy en donnant de grands coups de pied dans les fesses de Stef qui lui tirait les cheveux en lui mordant le ventre.

Maaaaaaaaaaais, que va-t-il se passer ? Stef et Screamy vont-ils s'entre-tuer avant même que leurs aventures ne commencent ? Arno pourra-t-il se faire passer pour Stef' rien qu'en écrivant des articles ponctués par les mots « couilles », « mec ! » et « cassage de bras » ? Vous saurez tout cela dans notre prochaine épisode, dès que j'aurai rattrapé ma muse qui vient de se faire la malle.

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31 janvier 2008

L'épopée pelée chapitre quatrième.

                                Chapitre 4 :

                         Bah ? Il est où, Raf ?

_Haaaaaaaaaaaaaaa ! gueulait Oingo avec horreur. Des affiches de Taxi 4 et d'Astérix aux Jeux Olympiques ! ! !
_NoooooOOooooOOOOoooon ! ! Hululait Maybee avec terreur. Ils travaillent sur de vieux e-mac tout pourris ! !
_RHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRGGGG ! ! !
Ce dernier hurlement strident venait de Screamy qui, pour ne pas faillir à son titre de Reine des Hurlements, fit péter une vitre. Tous les rédacteurs occupés devant leurs ordinateurs respectifs et vétustes sautèrent au plafond. Saroumane lui-même dut passer une main crispée sur sa barbe toute hérissée.
_Ça te prend souvent de hurler comme ça, Moumoune ? siffla Stef' tout raidi de partout et les cheveux dressés bien droit sur le crâne.
_Mais regarde ! s'écria Screamy la voix vibrante d'hystérie. Y a des orcs qui bossent ici aussi, y a même les Fouines de Roger Rabbit !
_Nooooon, où ça ? ? ? où ça les fouines ? trépigna Oingo en se dévissant le cou dans tous les sens.
_Dans ton cûgue ! répondit une voix agrémentée d'un accent catalan.
_Ha ça, c'est très raffiné, monsieur Nono ! S'écria joyeusement Screamy.
_Salut, Screamoune !
Monsieur Nono, ou Arno sans monsieur, ou de son surnom Moustache, ou de son autre surnom Bronson, fit la bise à Screamy et à Maybee et serra chaleureusement la main à Oingo. Mais il était dans le même état de tension que Stef'. Oingo sentit les tendons de la main qu'il serrait tout noués et les cernes noirâtres sous les yeux d'Arno étaient des plus éloquentes. Screamy regarda autour d'elle. Il y avait bien les autres journalistes du magazine qui leur adressaient des sourires chiffonnés. Mais de Raf, nulle trace? Au lieu de Raf, un orc en chemise Hawaïenne tapait d'un seul doigt sur un e-mac d'un air inspiré, sa langue noirâtre dépassant d'entre ses lèvres craquelées.
_Non, ce n'est pas Raf, répondit Screamy aux regards interrogateurs et inquiets de Oingo et Maybee.
Un autre orc entreprenait de vider la fontaine à eau tandis qu'une des fouines qui avait fait de la figuration dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit (celle à la camisole de force) photocopiait ses fesses. En fait, seuls les rédacteurs humains étaient plongés dans un travail laborieux tandis que les orcs et les fouines se fendaient la gueule. Un orc à peine plus grand que Screamy, une grosse bosse au milieu du front, fit soudain irruption.
_Patroooon, hurla-t-il (Maybee, Oingo et Screamy reconnurent la voix de l'interphone), l'humain Stéfano m'a collé un pain ! Il a sûrement laissé entrer des humains !
Le visage de Oingo s'éclaira :
_Faut que je la reprenne, cette rime pour une chanson !
_Je déduirai ta visite chez le vétérinaire de la paie de monsieur Stéfano, Bouzinfame, répondit Saroumane avec magnanimité. Et pour la peine, il t'apportera des sandwichs préparés par sa mère tous les midis.
_Ha non ! Je donnerai jamais les sandwichs de ma mère à cette bouse immonde !
_Bouzinfame, le corrigea vertement l'orc à la bosse.
_Il faut être conciliant et discipliné, mon garçon, sermonna Saroumane en toisant Stef' de sous ses sourcils blancs et touffus. Sinon...
Les yeux du magicien en tweed lancèrent des étincelles menaçantes. Stef' baissa la tête.
_Bien patron, maugréa-t-il.
Le visage menaçant de Saroumane se radoucit.
_Je déclare donc cet incident clos. Avez-vous terminé vos articles, messieurs ?
Arno et Stef' acquiescèrent d'un mouvement de tête sans piper mot.
_Parfait, continua Saroumane en sortant une montre gousset aussi grosse qu'un oignon de la poche intérieure de son veston. Je vous dis donc à demain, 8 heures tapantes. Je ne tolérerai aucun retard !
_Bien patron, dirent Arno et Stef' avant d'entraîner les provinciaux vers l'escalier de pierre.
_Mais... ? Et Raf... ? commença à protester Maybee qui voulait à tout prix rencontrer son idole.
_Monsieur Raf a pris de trèèèèèès longues vacances, leur parvint la voix mélodieuse quoique inquiétante de Saroumane. Vous ne risquez pas de le revoir avant fort longtemps.

Maaaaaaaaaaaais que va-t-il se passer ? Raf est-il bien parti en vacances ? Pourquoi est-ce un orc qui porte sa chemise hawaïenne préférée ? La mère de Stef' sera-t-elle obligée de préparer ses succulents sandwichs pour un orc nommé Merdinfame ou je sais plus comment ? Vous aurez la réponse à toutes ces questions palpitantes au chapitre 5 de notre feuilleton... du moins si je me tire pas une balle dans la main entre-temps...

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16 octobre 2007

L'épopée pelée chapitre troisième.

                             Chapitre 3 :

               Hé ! Je connais ce mec, c’est un méchant !

Screamy sentit l'étreinte du troll se resserrer autour de son épaule.
_Au secooooooooours !! il va me bousiller ma veste en skaï, ce con ! hurla-t-elle avec une pointe de panique. De sa main libre, elle chercha désespérément au fond de son sac son arme ultime qu'elle ne sortait qu'aux moments les plus critiques. Pendant ce temps, Stef' fit un pas en avant, les lèvres et les poings serrés. Oingo et Maybee se blottissaient derrière lui, tremblant comme des chatons. L'haleine du troll était si putride que Screamy crut tomber dans les pommes. L'étreinte sur son épaule se resserrait implacablement. La main de Screamy se referma alors sur le manche de son couteau tibétain à la lame recourbée et tranchante. Elle fit le geste de le sortir de son sac lorsque...
_Brutos, vas-tu cesser d'importuner la demoiselle ?
Un homme de haute taille, au maintien aristocratique mais à l'âge fort canonique se tenait au bas d'un escalier de pierres.
_Christopher Lee ? s'étonna Oingo.
_Saroumane ? souffla Maybee.
_C'est quoi, ces sapes de merde ? grommela Screamy.
_Patron ! fit Stef' en se raidissant.
Screamy sentit le troll la relâcher. De son côté, elle se garda bien de se dessaisir de son arme. Elle trouvait beaucoup plus rassurant de sentir dans le creux de sa main le manche de corne polie de son couteau tibétain. D'autant plus que le patron de Stef' s'avérait être l'un des personnages les plus fourbes et dangereux de la Terre du Milieu.
_Voilà qui est mieux, approuva Saroumane en lissant sa longue barbe blanche qui paraissait être peignée avec soin. Et maintenant, chère petite demoiselle, veuillez donner à Brutos votre paquet de cigarettes, je vous prie.
Screamy regarda tour à tour Stef', puis Maybee et Oingo qui n'avaient pas l'air de regretter le voyage à en juger par leur visage décomposé, et enfin Saroumane le Blanc en personne qui, en vérité, était vêtu d'un fort seyant costume en tweed à la coupe indéniablement britannique. Le vieil homme leva un index long et pointu :
_Allons, ma chère demoiselle, je vous prie de bien vouloir obtempérer. J'ai ordonné à Brutos de ne laisser entrer aucune cigarette dans l'enceinte la rédaction. Le tabac nuit à la santé, et il est impossible de se débarrasser de son odeur nauséabonde.
Stef' hocha la tête à contrecoeur :
_Donne-lui ton paquet.
_Grrrrrrrr ! gémit Screamy. Etouffe-toi avec, espèce de sale monstre !
Avec un grognement menaçant, le troll tendit sa grosse paluche griffue. Screamy y déposa son paquet de Lucky, les larmes aux yeux. Le troll écrabouilla le paquet et une caricature de sourire fendit sa face grossière, découvrant une rangée de dents jaunâtres et plantées de guingois.
_Huuuuuuuuu ! Pleura Screamy. Mon paquet ! Mon paquet ! Il m’a réduit en miettes mon joli paqueeeeeeeeet !!
Saroumane croisa sur son ventre ses deux longues mains osseuses et sourit avec satisfaction.
_Maintenant, vous êtes autorisés à visiter les nouveaux locaux de notre rédaction. Soyez les bienvenus.
Oingo, Maybee et Screamy eurent beaucoup de mal à extraire un « merci » poli de leur gorge serrée par la peur et une déception profonde. Ils avaient très envie de tourner les talons et de regagner le monde cartésien. Mais l'envie d'en savoir plus les aiguillonna suffisamment pour les pousser à suivre le vieil homme. Ni Stef', qui montait les marches, les mains enfoncées dans les poches de sa salopette, ni les provinciaux ne pipèrent mot durant tout le temps de l'ascension. Ils commencèrent d'ailleurs à avoir mal aux mollets lorsqu'ils atteignirent enfin l'étage supérieur. Devant eux, serpentait un étroit et sombre couloir à peine éclairé des torches à la flamme blafarde encastrées dans les murs.
_Les bureaux de la rédaction sont juste ici, dit Saroumane en poussant une porte en fer.
Oingo, Maybee et Screamy entrèrent...
... Et poussèrent des cris d’horreur.

Posté par Screamy à 09:44 - L'épopée pelée. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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